OPINIONS / Signatures
21/08/2012 09:55

La paix des braves

Après douze années au service des sports de "La Provence", Rémi Lacassin s'est éloigné des terrains. Pour "Mediafoot Marseille", il pose son regard tout personnel sur l'actu. De l'OM entre autres... 

Trop gros, trop riche, trop perso, trop râleur… Né en 1985, André-Pierre Gignac n’a pas connu la pub vantant à la télé les mérites d’un célèbre fromage à tartiner, au terme d’un impitoyable casting de bovins. Pourtant, lui qui concentrait jusque-là toute l’aigreur des passionnés de l’OM, est en passe de troquer sa peau de vache (qui rit… ou pas) contre celle d’un taureau (ailé… et non plus zélé). Trois buts en quatre matchs officiels, des occasions à la pelle, un big bisou sur l’écusson olympien, et voilà "APG" promu héros d’une équipe d’anti-héros.

 

Deux ans après son arrivée à Marseille, et alors que sa carrière semblait au point mort, Gignac revit. Le miracle a un nom : la confiance. Celle qui l’encourage à tenter plus que de raison sa chance face au gardien adverse ; et au bout d’un moment, forcément, ça rentre ! Celle que ses partenaires, ses dirigeants et les supporters lui accordent ; un temps boudé par les uns, puis critiqué par les autres et enfin moqué par les derniers, l’attaquant n’est plus la tête de Turc de service, et notamment celle des virages du Vélodrome. Non, il est désormais la tête d’affiche de cet OM réconcilié avec ses (in)fidèles. La paix des braves, en quelque sorte !

 

Cette confiance aveugle qui descend des gradins en direction des hommes de Baup est troublante. Hier insultés, ces mêmes joueurs responsables du fiasco de la saison passée sont aujourd’hui portés aux nues ou presque ! Reims, Eskisehirspor ou Sochaux n’ont pourtant rien du Bayern Munich, dont la venue fin mars avait été accompagnée par une grève des encouragements. Après tout, ce n’était qu’un quart de finale aller de Ligue des champions… Un gâchis parmi d’autres !

 

Exit donc Brandao, Diarra, Azpilicueta (demain ?), Mbia ou Rémy (après-demain ?) pour tourner la page Deschamps. Au fait, entre deux victoires de l’OM, le sélectionneur des Bleus a lancé Yanga-Mbiwa et Capoue ; pas mal pour quelqu’un à qui l’on reprochait de ne pas faire confiance aux jeunes. Baup, lui, y croit mais ne les fait pas jouer davantage. Le changement, ce n’est pas maintenant ?

 

Gignac en est pourtant convaincu pour peu qu’il échappe au destin malchanceux de Gourcuff, éclopé récidiviste comme lui et dont une énième blessure a stoppé net son retour au premier plan à Lyon. En paix avec la terre entière, il prie pour ne plus entrer en guerre avec son corps. Ce serait trop gros…